Le Yiddish et la musique Klezmer

Dossier élaboré par un lycéen de Seconde.
dimanche 20 juin 2004
par Nadia Darmon.H
popularité : 2%
1 vote

Le Yiddish fait partie de la sphère culturelle allemande, ayant emprunté au haut et bas allemand du Moyen Age, de même qu’il donna à l’allemand des locutions. Une découverte pour une classe d’allemand, une occasion d’ouvrir des portes sur un monde périphérique de la langue et de la culture.

EXPOSE SUR LE YIDDISH ET LA MUSIQUE KLEZMER par Hillel.

Classe d’Allemand européen de Seconde - 2003/2004 - Lycée Condorcet à Belfort.

Je vais tout d’abord définir le Yiddish et raconter son histoire. Puis, je vous ferai découvrir la musique Yiddish, le KLEZMER.

Le [yiddish] fut, durant plus de mille ans, une des principales langues de communication dans les communautés du monde achkenaze. Il fut également, parallèlement à l’hébreu et aux langues majoritaires, un des moyens d’expression écrite, comme l’atteste l’existence d’une riche littérature. A l’aube de la Seconde Guerre mondiale, on dénombrait environ onze millions de yiddishophobes en Europe, aux Etats-Unis et en Amérique du Sud. Le mot « yiddish » n’apparaît qu’au XVII° siècle, notamment en opposition aux écrits en caractères latins, les galbes. A partir du XIX° siècle, on emploie couramment le terme « jargon » ou insérée dans l’ensemble des langues juives comme l’hébreux ou le judéo-espagnol, l’appellation « jüdisch-deutsch ». Diverses hypothèses ont été formulées concernant l’origine du yiddish. La plus courante, celle du linguiste Max Weinreich, fait remonter la langue yiddish au IX-X siècle en Lotharingie. Son apparition concrétise deux évolutions notable : la migration de juifs du nord de la France vers les communautés du bassin rhénan dont Mayence, Worms, Spire, Cologne ou Trèves et, d’autre part, le début de ce qu’on appelle « l’ère achkenaze de l’histoire juive ». L’usage ancien de l’hébreux et de l’araméen, les survivances romanes, tout comme le contact avec les dialectes germaniques expliquent les traits propre du yiddish, dont, en tout premier lieu, son caractère de langue de fusion, de shmeltzshprakh. Pour Richard King, le berceau du yiddish serait la Bavière. Pour étayer sa thèse, il insiste sur la parenté entre les dialectes du sud de l’Allemagne et la langue yiddish ancienne. La périodisation la plus largement admise découpe l’histoire du yiddish en deux grandes périodes : le breyshis yiddish ou proto-yiddish lui-même divisé en deux époques. La première correspond à l’implantation des juifs dans la vallée du Rhin et de la Moselle entre le IX et XI siècle. La deuxième s’étend de 1100 à 1250 et marque l’expansion des communautés juives vers la vallée du Main, le Rhin supérieure et le Danube. La période suivante correspond au altyiddish de 1250 à 1500.

Le centre de gravité des communautés juives se déplace vers l’EST dont la Bohême, la Pologne et la Lituanie. La quatrième composante du yiddish, les langues slaves, s’adjoint aux trois précédentes, à savoir la loshn qoydesh, hébreu et araméen, le laaz, les langues romanes et, les parlers germaniques. On distingue ensuite le mitlyidish qui est le yiddish moyen de 1500 à 1700. C’est l’époque de la diffusion du yiddish dans des aires nouvelles comme la Hollande, L’Allemagne du Nord ou les pays baltes. On assiste alors à la formation des dialectes en Europe orientale comme le mizreh yiddish et à leur distinction par rapport aux parlers d’Europe occidentale. Les grandes vagues migratoires du XIX° siècle vont donner une impulsion nouvelle à la langue vernaculaire juive que se soit en Palestine ou en Amérique du Nord et du Sud. Durant cette époque naquit une florissante presse, une riche littérature, ainsi qu’une vie culturelle juive qui va donner au yiddish ses lettres de noblesse. Au XX siècle, sous la pression de l’industrialisation, de l’exode rural et de l’urbanisation, le yiddish tend à perdre son rôle religieux et social lié à la société semi rurale des shtetlekh. Il devient la langue du prolétariat juif, des mouvements ouvriers dans les grandes villes et le vecteur d’une culture juive sécularisée. De nos jours, après la tragique période du nazisme et de la Choah, qui vit périr en Europe des millions de yiddishophones, et l’assimilation linguistique, le yiddish n’est plus parlé que sporadiquement de par le monde. Malgré cela, la littérature yiddish ancienne, qui témoignent de ses multiples potentialités se développera en déférents aspects. Il sera édité des livres de médecine, des manuels d’enseignement, des encyclopédies dont la plus connu est le Tseénah de Jacob ben Isaac, une encyclopédie populaire de la culture juive traditionnelle et bien d’autres ouvrages. Après la Choah, la destruction du judaïsme européen et l’effondrement du centre polonais vont marquer la fin d’une époque de la littérature juive et sa recomposition dans de nouveaux lieux. Au Etats-Unis et en Israël, les deux centres les plus vivants, les écrivains hantés par la tragédie des juifs d’Europe, veulent maintenir ou tentent de reconstruire une vie culturelle juive dans laquelle la langue yiddish puisse jouer un rôle intellectuel et social.

LE KLEZMER

Les Kezmorim sont présents en monde ashkénaze, en Europe centrale et orientale dès le XVI° siècle. Ils accompagnent les mariages juifs même les plus modestes et se produisent pendant les fêtes comme Hannukah ou Pourim. La notion d’identité dans la musique juive se présente de manière double : c’est à la fois le sentiment que l’on éprouve d’appartenir à une communauté et la représentation, l’affirmation, la communication de ce sentiment. Dans la communauté ashkénaze, on peut distinguer trois ancrages à ce sentiment et à sa représentation :
- au niveau individuel, dans l’art de composer,
- au niveau de la famille, dans les relations chantées mère-enfant,
- au niveau collectif, dans les chants semi-liturgiques, chants de fête ou chants corporatifs.

Ayant développé un art à part, adaptable aux divers publics devant lesquels ils étaient appelés à jouer, ces orchestres étaient condamnés à un mode de vie intinérant et se déplaçaient en fonction de la demande. En effet, comme ces musiques des communautés itinérantes ou de diaspora,la musique populaire yiddish a été constituée selon une stratégie que l’on pourrait appeler de l’emprunt pontuel, puisqu’elle adopte temporairement les modèles types et les systèmes musicaux des pays traversés. Ainsi l’appropriation successive de formes et de styles, leur synthèse, au cours de cycles d’exil, avec la musique originelle, ont constitué à long terme une singularité culturelle conforme à l’originalité composite des conduites musicales d’un peuple de diaspora. Le chant populaire des juifs d’Europe orientale reflète le mode de vie du ghetto et du shtetl, d’où ils ne sortaient que très rarement. Jusqu’à la fin du XIX° siècle ils participaients à peine à la vie culturelle des pays où ils vivaient, plusieurs administrations, établissements, lieux de divertissement leur étant interdits. L’oppression, la persécution et la pauvreté laissaient très peu de tranquillité aux juifs. Les seuls événements importants dans la vie du shtetl étaient les fêtes et le shabbat, et dans la vie sociale les mariages, les circoncisions et bar-mitsvot. C’est à ces occasions que se manifestait l’esprit créateur et l’art musical des juifs de l’Europe de l’Est, introduisant dans cette musique les seules notes gaies qu’elle avait conservées.

Ce qui caractérise les chants populaires yiddish c’est qu’ils sont écrits en yiddish, ou judéo-allemand ou dans un mélange d’hébeu et d’idiome local. Les personnages chantés sont tous juifs, historiques ou contemporains, et inspirent à la fois pitié et admiration. Les chants de l’Europe de l’Ouest sont plus travaillés et sont plutôt l’oeuvre des Hazanim que du peuple proprement dit. Ceux de l’Europe de l’Est proviennent quant à eux d’auteurs anonymes et l’origine de leurs mélodies est difficile à déceler. Certains de ces chants recèlent un certain humour, mais tous trahissent une forte nostalgie de vie libre, loin du ghetto, dans un pays idéal, le pays de leur ancêtre : Sion ou Israël. Le chant yiddish reste en général assez triste et profond. Le juif du ghetto s’efforçait de rire en chantant mais il n’uy parvenait pas toujours car les jours de joie véritable n’étaient pas nombreux.

Echappés des pogroms, de la misère, de conscription forcée et des geôles tsaristes, les immigrants juifs du début du siècle ont fait un bond non seulement dans l’espace mais aussi dans le temps. Mouvement de fuite mais aussi attrait de "la terre promise". Le mythe de l’Amérique jouera bientôt le rôle de mythe séducteur avant de devenir dure réalité. C’est dans cette période que la musique klezmer entre en contact avec le jazz, les groupes de Discieland et les musiciens noirs. Des compositions de musique populaires yiddish de Abe Schwartz, Aaron Lebedeff, Dave Tarros, Abe Ellstein, Josef Cherniavsky renouvellent une musique traditionnelle qui risquait de disparaître dans ce "Nouveau Monde". Des mélodies nostalgiques sont composées entre Brooklyn et East River pour les contrées abandonnées du vieux monde.

Le théâtre yiddish va à sont tour influencer la musique populaire avec des parodies où Georges Washington côtoiera Trotsky.

Et tout cela va se jouer au son des instruments à cordes jusqu’à l’apparition au XIX° siècle des clarinettes et des cuivres. Et on peut aussi dire que sont issus de ce type culturel de musique parmi les plus grands instrumentalistes et compositeurs du XX°siècle, Gerschwin, Max Bruch, Yehudi Menuhin, Itzhak Perlman, Léonard Bernstein, David Krakauer etc...



Commentaires  (fermé)

Agenda

<<

2017

>>

<<

Avril

>>

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
272829303112
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois

Brèves

15 janvier 2016 - Les éditions de l’antilope

En partenariat avec AKADEM "Les éditions de l’Antilope choisissent de publier des textes (...)

13 décembre 2014 - Art Libération : La Vieille Grille, cabaret parisien sur le gril

Article de LIBÉRATION FRANÇOIS-XAVIER GOMEZ 11 DÉCEMBRE 2014 À 20:06 La Vieille Grille, cabaret (...)

13 mai 2014 - Chaîne TV AB Toute l’Histoire le 17 mai : Abie Nathan, "La voix de la paix" film-docu

Film documentaire : Abie Nathan, "La voix de la paix" Auteur-réalisateur : Frédéric Cristéa durée (...)

16 novembre 2012 - Nouvel album : Catherine Lara au coeur de l’âme Yiddish

Sortie le 26 novembre 2012 Nouvel album de Catherine Lara : Au coeur de l’âme yiddish Catherine (...)

13 mars 2012 - Film-documentaire : Dénoncer sous l’occupation

A noter la diffusion en "Prime Time" le 14 mars 2012 sur France 3> Film-documentaire "Dénoncer (...)

Météo

Belfort, 90, France

Conditions météo à 02h00
par weather.com®

Clair de lune voilé

2°C


Clair de lune voilé
  • Vent : 8 km/h - est
  • Pression : 984 mbar tendance symbole
Prévisions >>

Prévisions du 28 avril
par weather.com®

Inconnu

Max 2°C
Min N/D°C


Inconnu
  • Vent : N/D km/h
  • Risque de precip. : %
<< Conditions  |  Prévisions >>

Prévisions du 29 avril
par weather.com®

Soleil et nuages épars

Max 15°C
Min 2°C


Soleil et nuages épars
  • Vent : 9 km/h
  • Risque de precip. : 10%
<<  Prévisions  >>

Prévisions du 30 avril
par weather.com®

Soleil et nuages épars

Max 19°C
Min 4°C


Soleil et nuages épars
  • Vent : 12 km/h
  • Risque de precip. : 0%
<<  Prévisions  >>

Prévisions du 1er mai
par weather.com®

Averses

Max 11°C
Min 3°C


Averses
  • Vent : 20 km/h
  • Risque de precip. : 80%
<<  Prévisions  >>

Prévisions du 2 mai
par weather.com®

Averses

Max 12°C
Min 4°C


Averses
  • Vent : 11 km/h
  • Risque de precip. : 50%
<<  Prévisions  >>

Prévisions du 3 mai
par weather.com®

Averses

Max 14°C
Min 5°C


Averses
  • Vent : 9 km/h
  • Risque de precip. : 50%
<<  Prévisions  >>

Prévisions du 4 mai
par weather.com®

Averses

Max 15°C
Min 5°C


Averses
  • Vent : 6 km/h
  • Risque de precip. : 60%
<< Prévisions