Dachau : l’homme élémentaire

mercredi 14 juillet 2004
par Nadia Darmon.H
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"Les jours, les nuits s’écoulent interminables. "Trois jours sans manger, sans boire, sans dormir, presque sans respirer. Trois jours sans vêtements, nus, tassés à cent vingt dans un wagon pour quarante hommes ou huit chevaux... Au bout de deux jours, la culture s’est écaillée...Il a suffi de ces sentiments élémentaires, la faim, la soif, la peur, pour recréer l’homme élémentaire...prêt à tout pour se sauver." (Dr F. Wetterwald)

"Les trains roulent "de tous les coins de l’Europe, de France, de Belgique, de Hollande, de Pologne, d’Ukraine, des Pays Baltes , des Balkans, vers la même destination."(Olga Lengyel), bondés de malades, d’agonisants. "Deux souffraient d’un ulcère à l’estomac ; deux autre étaient atteints d’érysipèle ; trois enfants avaient la scarlatine ; plusieurs présentaient des signes de dysenterie. Au début, chacun se tenait à l’écart, pour éviter la contagion, mais à mesure que le voyage se prolongeait nous devenions indifférents à tout danger." (Olga Lengyel)

"La mort est du voyage, partout, dans tous les convois. "Les trains descendaient du fond de la Volhynie, de l’Ukraine, chargés d’agonie, de clameurs, de pleurs. A un arrêt, les gardiens allemands avaient jeté des enfants morts sur le toit des wagons." (P. Gascar) "Soudain, c’est l’arrêt." "Un SS gradé monta dans notre wagon... nous désignant du bout de sa cravache pour nous compter. Alors nous comprîmes que nous étions en Allemagne...que désormais nous n’étions plus des individus, mais des stücke, des morceaux, ainsi qu’il nous appelait déjà." (Denise Dufournier) "Des hommes avec des chiens en laisse attendent l’arrivée des convois dans des gares "qui semblent mortes". Et, aussitôt, "nous allons traverser la ville. Tout homme qui s’arrêtera ou quittera la chaussée pour monter sur les trottoirs sera abattu immédiatement. On nous l’a dit et redit. Les coups pleuvent sur ceux qui sont placés en bordure des rangs. Les hurlements des vingt brutes qui nous encadrent accompagnent cette course infernale. Les chiens bondissent en tirant sur leurs laisses. Les triques s’élèvent et s’abaissent...Nous sommes sur une route pavée... Sur une pierre...ces mots : En recuerdo de los tres mil Espanoles que han muerto par construir este camino" (J. Laffitte). C’est donc l’arrivée à Dachau

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Clôture électrifiée du camp de Dachau

ou ailleurs : monde clos de filde fer barbelé, surveillé du haut des miradors. Ca et là, une pancarte avertit : "ici, on entre par la porte et on sort par la cheminée."...(Dr F. Wetterwald).

"Dachau est une petite ville située à dix-huit kilomètres au nord-ouest de Munich. Le camp est à environ trois kilomètres de la ville. Il est mitoyen au zentralbauleitung, où étaient logés nos bourreaux et nos gardiens. Entouré par des fils de fer électrifiés, flanqué par de nombreux miradors du sommet desquels pointaient deux mitrailleuses, notre camp avait environ 400 m de long sur 250 de large. On y entrait en passant sous un porche et, immédiatement, on était sur la place d’appel, où, par tous les temps, hiver comme été, sous la neige, sous la pluie, le vent glacial venant du Tyrol, nous étions astreints à de très longs et pénibles stationnements. Il y avait 34 blocks...Le block 30, de terrible mémoire, était celui des invalides, c’est à dire des malheureux camarades incapables de travailler en raison de leur âge, de leurs infirmités, et qui moururent par milliers." (Emile Julliard [1]

Lorsque "La nuit et le brouillard" vont se dissiper, et que ce sera l’heure des comptes, on trouvera, sur des voies de garage, des wagons bondés de cadavres recroquevillés : dans leur hâte à déguerpir, les bourreaux de Dachau n’ont pu les "évacuer" ni les réduire en cendres - commodes, silencieuses cendres, qui gardent si bien le secret, escamotent le meurtre. Les choses, pourrait-on croire, ont pu se passer différemment dans d’autres camps. Voyons ce qu’il en est de Mauthausen, ce charmant village accôté à la montagne...Et là aussi, à l’heure de la débâcle nazie, un spectacle qui ne le cède en rien à celui de Dachau s’offre aux libérateurs : monceaux de cadavres en décompositin, survivants à jamais mutilés ; et les blessures du corps ne sont rien à côté des meurtrissures indélébiles, des terreurs qui ont marqué les esprits. Est-ce autrement à Birkenau ?... (Dr R. Lévy)

Source : Le Racisme de Elena De LA Souchère, Pierre Paraf, Georges Balandier. Ed : Cercle Européen du Livre.

 [2]


[1] )Dachau

[2] www.europedelamémoire.org



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