Pourquoi faut-il faire de la Shoah une mémoire collective ?

Par Georges Bensoussan, Historien,
samedi 11 mars 2006
par Nadia Darmon.H
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Georges Bensoussan, historien, Rédacteur en chef de la Revue d’histoire de la Shoah, Responsable des co-éditions. Il vient de publier : "Europe, une passion génocidaire" (éd. Mille et une nuits / Fayard).

Livraison des notes prises lors de son intervention remarquable au séminaire, le 13 février 2006. Un sommaire vous propose d’accéder aux autres modules du séminaire.

Accès au sommaire du séminaire.

"Pourquoi faut-il faire de la Shoah une mémoire collective ?"

Un événement difficile à penser ; il nous faut d’abord nous défaire des repères suivants :

1) Croire que devant la tragédie il y avait des possibilités de s’en sortir,

2) Le mythe de la passivité des Juifs, l’expression tant utilisée "Se laisser mener comme des moutons à l’abattoir."

est une expression biblique reprise par le chef de la Révolte de Varsovie sur l’un de leurs tracts, comme un appel à la révolte.

3) 10% des déportés à Auschwitz étaient des résistants polonais et n’ont pas offert une autre attitude face à la Shoah.

4) "Apprendre, apprendre, apprendre et ensuite seulement, on peut proposer une analyse politique."

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Intervention de Georges Bensoussan
Séminaire 2006 Yad Layeled.

Penser la Shoah :

Après 20 mois d’enfermement dans les ghettos, ce fut la tuerie de masse. Certains ont parlé de la "Glose de Dieu", de "l’Eclipse de Dieu", de "l’Absence de Dieu". D’autres ont dit que "l’entendement est sidéré", que ce fut "Un trou noir de la Pensée", "Un noyau". On a parlé d’une "régression barbare" mais aussi d’"un progrès de l’humanité".

Il n’y a pas de rapport entre la Culture et la Pensée ; l’exemple des Justes [1] montre qu’ils n’étaient pas spécialement des intellectuels. En revanche, l’exemple des médecins Turcs et des médecins nazis qui ont collaboré à l’exermination des populations (arméniennes, juives, tziganes). Un lien puissant existe entre le biologisme et les architectes de l’extermination. Ils l’ont planifiée ainsi que la déportation des Slaves qui était programmée, ils l’ont planifié froidement dans leurs bureaux.

Pas de lien avec la Culture et l’antidote de l’extermination. On est en présence, au nom de la compassion, d’un mélange des génocides.

Historiciser la Shoah :

Il s’agit d’un événement historique à aborder avec les outils de l’historien. Ce n’est pas une leçon d’instruction civique, ça ne marche pas. Il faut se défaire du moralisme. Il faut poser des questions dérangeantes :

1) La question allemande : Pourquoi l’Allemagne ? 2) La Grande Guerre 1914/1918, matrice de la catastrophe du XX°siècle, 3) La Colonisation, 4) L’Antijudaïsme, 5) Centralité de la Shoah,

1) Pourquoi l’Allemagne ?

En Allemagne, aux XIX° et XX° siècles, il n’y a pas eu de pogrom, alors que des pogroms sont perpétrés en Roumanie, en Russie. Comment définir l’Anderweg ? Selon Einrich Wickler : L’Allemagne est archaïque dans ses modes de pensée alors qu’il est le 2ème pays de haut niveau technologique et scientifique, c’est de cette distorsion entre les deux que naît le refus des Lumières à Jena. Cette Allemagne est "Une modernité réactionnaire" selon la formule d’un penseur britannique, une Démocratie sans démocrates. C’est l’échec des Lumières, le Nazisme n’a fait que rassemblé des éléments épars de la société allemande.

2) La Grande Guerre 1914/1918 :

Là se situe la matrice de la Catastrophe du XX° siècle. Cette guerre donne à l’Allemagne le sentiment immérité de la défaite, une issue imméritée. L’Armistice est signée en terre étrangère, alors que l’Allemagne ne voit pas l’échec,ni ne connaît pas la débacle. Elle voit et ressent un sentiment de trahison de la part des Rouges communistes, des Juifs. Les soldats allemands sont salués et acclamés par la population de Berlin.

Le 9 novembre 1918, Guillaume II quitte l’Allemagne pour les Pays-Bas où il se réfugie. 1938 > C’est la Nuit de Cristal, 1941 > C’est la Solution Finale.

La guerre menée a mis en pratique un regard colonial de l’Allemagne sur les Slaves. Les Juifs de l’est voient arriver les Allemands comme une libération, face aux nombreuses vagues de pogroms. Tout est en germe entre 1914 et 1917 - voir Annette Becker.

L’Europe orientale a été vécue par l’Allemagne, comme un espace colonial. La Grande Guerre a brutalisé les comportements et a préparé une mort de masse anonyme. De cette Guerre, on n’a pas retrouvé les corps ; 700 000 corps anonymes ont été enterrés, on a rendu aux familles des cercueils vides, on a créé des ossuaires comme celui de Douaumont. L’utilisation du gaz signe une nouvelle forme de guerre, les soldats sont des poux qu’on élimine. La Grande Guerre inaugure un haut niveau de violence, elle a habitué les esprits à pire encore.

3) La Colonisation :

Les pratiques ont préparé à un haut niveau de violence transférée dans les colonies et qui est revenue vers l’Europe, en boomerang. C’est le 1er génocide, par "l’ordre d’extermination" du Peuple Héréro (1904-1907), en Namibie, donné par l’Allemagne. Du côté français, les généraux qui ont fait l’Algérie ont été rappelés pour réprimer les insurgés de Paris désignés comme "Les Bédouins de Paris".

4) Interroger l’Antijudaïsme :

Sur 3 plans : 1) Comment l’antijudaïsme constitue-t-il globalement un code culturel ? Le monde est antisémite culturellement, à tel point que Bernanos écrit : "Hitler a définitivement déshonoré l’antisémitisme."

2) L’idéologie - "La logique d’une idée chargée de combler le gouffre." (Hannah Arendt).

3) Une paranoïa, profondément ancrée en Europe. Si c’est le cas, il n’y a rien à faire. C’est ce que pensent les pères du Sionisme comme Léon Pinsker, Théodor Herzl... Si c’est une maladie mentale, on n’en viendra jamais à bout.

La Shoah ne tombe pas du ciel, elle est inscrite dans les codes culturels depuis le XII°siècle.

Il ne faut pas mettre en lumière de causes. Il vaut mieux utiliser le terme de terreau culturel favorable. Il y a un une filiation entre Satan, l’Antéchrist, et le principe du sang ; la solution est de l’éradiquer.

L’Antijudaïsme jusqu’à "Mein Kampf", ce n’est pas une explication ; sans cette filiation on reste sourd. Ce sont les figures antijuives qui mènent au désastre.

5) Centralité de la Shoah :

On l’enseigne mieux et de plus en plus. Le mot s’est imposé, et fut utilisé en Israël, depuis juin 1933, par un journaliste de droite. Il existe un effet pervers à la Shoah, à l’aune des malheurs du temps, et contribue à faire accepter les massacres actuels ; car ce n’est pas Auschwitz, c’est différent ! L’effet pervers à la Shoah, contribue à relativiser les violences antérieures et postérieures.

Les Pogroms en Russie en trois ans, entre 1880 et 1884, ont fait moins de 100 morts. Ils constituent un traumatisme qui accélère les migrations, et donne naissance aux Pères du Sionisme. Auschwitz a écrasé ces violences là.

Avril 1903, c’est la vague de pogroms à Kichiniev. Un traumatisme juif qui accélère le sionisme et renforce les fondateurs de l’Etat juif. Ces événements ont un énorme impact sur l’imaginaire juif. Par exemple, le poème de Bialik "Dans la ville du massacre" accueille comme un signe fort, le visiteur au Musée d’Art et du Judaïsme à Paris.

Ne pas oublier les 2 cassures dans le monde juif, que furent - l’Expulsion des Juifs d’Espagne et du Portugal. Le mot Espagne est maudit dans le Judaïsme. De 50 000 à 60 000 Juifs prirent le chemin de l’exil.

- Zabbataï Zvi, le faux messie, un illuminé charismatique qui créa un mouvement messianique populaire du Yemen aux Pays-Bas. Se souvenant de Zabbataï Zvi, les rabbins disaient à Herzl : "Tout ça se terminera mal, comme pour Zabbataï Zvi !"

La Shoah : Un événement sans précédent. Dire que la Shoah est un événement unique est dangereux car on est dans une concurrence des mémoires, et on est dans une période compassionniste ; chacun veut sa Shoah ! Il vaut mieux désigner la Shoah comme un événement sans précédent.

La Racine est idéologique, les motivations des exterminateurs, des "purificateurs" plongent dans le Moyen-Age allemand du XV° siècle, alors millénariste.

Il faut accepter de poser toutes les questions : Poser n’est pas équivaloir. Plus on compare, moins on favorise le relativisme.

Evénement sans précédent : Quant on compare avec le génocide des Tutsis, ou des Arméniens, on s’aperçoit que l’ère géographique de la Shoah n’a pas de limites. Pour les Arméniens, le génocide a concerné l’Arménie de Turquie et par ailleurs, les enfants ont été placés dans des familles musulmanes pour les islamiser.

Les Allemands auraient exterminé les Juifs partout dans le monde, où ils seraient allés. Ils ont déporté les Juifs des Iles anglo-normandes, ils avaient des plans pour les Juifs de Shangaï et de Palestine.

Les crimes coloniaux ne sont pas venus d’un programme venu de la haute hiérarchie de l’Etat, exception faite des Héréros. Même les Indiens d’Amérique massacrés ne le sont pas par ordre royal. C’est contre la volonté de Madrid.

Le Génocide Arménien l’est voulu par le Gouvernement Turc. Le plan général allemand pour l’Est, prévoyait la déportation des Slaves. Que ces plans aient été barbares, que la Pologne ait été une Nation martyre, ce n’est pas une Shoah.

Il s’agissait pour les Allemands, de germaniser les terres et d’exterminer les "existences fardeaux". La germanisation des terres slaves, c’est ethnocidaire mais pas génocidaire. Ce n’était pas une fin en soi, l’extermination des Juifs, OUI, c’était une fin en soi.

Si réellement les plans allemands étaient génocidaires à l’égard des Slaves, pourquoi aller chercher les 40 enfants d’Izieu ?

Eviter la confusion des termes : On confond Camp de Concentration et Shoah. Il y avait 4 Centres de mise à mort, les 2/3 des victimes ne sont pas passés par les camps de concentration, ils ont été tués dans les ghettos.

Historiciser l’événement, c’est connaître la rapidité du processus : Le processus de la Shoah, c’est mars 1942- novembre 1943 - 20 mois - 2/3 des victimes.

En 9 jours, 3 événements concomittents, constater la rapidité fait prendre conscience de ce qui arrive.
- 17 juillet 1942 > Rafle du Vel d’hiv,
- Mars 1943 > Himmler est à Auschwitz, construction des chambres à gaz, par des sociétés civiles,
- De mars 1942 à mars 1943 > 76 000 déportés de France sont acheminés dans les camps.

La Belgiqe et les Pays-Bas ont collaboré par idéologie. Ces pays présentent les mêmes difficultés pour des Juifs à se cacher, 44% des Juifs de Belgique, et 80% des Juifs de Hollande sont déportés.

Tout le monde souffre ? 25% des victimes juives de moins de 15 ans, sont des enfants > ça, ça signe un génocide !

Nous sommes rarement nos contemporains, "on regarde le présent dans le rétroviseur." On ne perçoit pas la "Radicale singularité", même les destructions des Temples de Jérusalem ne sont pas idéologiques. Car en l’occurence, l’unique motivation est idéologique.

Hiroshima est épouvantable, mais ne vise pas l’anéantissement du Japon, il faut mettre en lumière des différences. Voir le Livre des Zonder commandos. On n’a jamais vu des repentis du nazisme.

1941 - Churchill emploie cette phrase à la BBC : "Nous sommes en présence d’un crime qui n’a pas de nom."

Les milieux juifs emploient après guerre le mot de "Khorban" qui veut dire destruction, laissant entendre qu’on peut reconstruire après. Mais, le monde juif est détruit définitivement en Europe, anéanti, dévasté. Le mot Shoah s’impose, car l’événement n’est pas suivi de reconstruction.

Passer de la Mémoire à l’Histoire :

Certains parlent d’une "religion de la Mémoire", cette religion de la Mémoire s’inscrit dans la Guerre de 1914-18. A propos du Devoir de Mémoire pour lequel il y a une lassitude, et qui est vécu comme un 11 novembre, il faut envisager une autre leçon mémorielle.

Passer de la Mémoire à l’Histoire ; faire réfléchir les élèves. Il faut avoir à l’esprit que toute tragédie élève la possibilité de la récidive.

Kielce 1946 [2] - Bilan plus élevé après guerre qu’avant guerre : la Shoah ne vaccine personne.

Introduire une histoire politique de la Shoah. Car elle finit en effet pervers : Le danger étant d’essentialiser le Juif en victime, n’en faire qu’un martyrologue, si par essence il est victime, demain il peut l’être encore.

L’autre effet pervers naît de l’immensité de la Shoah qui finit par éloigner les Juifs de l’histoire générale. "Elu par la haine universelle " (Pinsker), "Elu par la souffrance universelle."

Faut-il aller à Auschwitz pour voir ?

Il faut savoir pour voir, sinon on ne voit rien. A Birkenau, on voit que ce ne fut pas un accident. Il s’agit de toute une partie des antiLumières. Auschwitz n’est pas un lieu de mort,les Juifs ont été détruits comme de la vermine, c’est un centre d’éradication. Le vocabulaire est obsolète.

Au-delà du Peuple Juif, un "Stück". C’est toute la notion de Personne humaine qui a été entamée et pas seulement de la Personne juive.

Il faut le dire, c’est un visage du Progrès, une certaine conception biologique de l’humanité, qui a débordé le seuil d’humanité du genre humain. Une conception qui décide qui peut habiter la terre. Cette conception n’est pas que allemande, elle existe bien avant 1939, Georges Bataille avait compris que là s’exprimait une logique occidentale à l’oeuvre.

"L’image de l’homme est inséparable d’une chambre à gaz." (Georges Bataille).

La conscience participe de l’identité occidentale. Dépositaire d’une leçon de ténèbres, elle n’est pas compassionnelle, ceci étant de l’ordre de l’intime.

Offrons au public, une leçon politique.

Je fais l’apologie des Lumières et de l’Occident (pas de l’Europe, mais de l’occident). Je dis qu’il n’y a des Traites d’esclaves, et la seule qui a été abolie, c’est celle des Lumières.

Une filiation suppose un terreau intellectuel. L’idée de cause est à éviter, elle est rigide et fige la compréhension, et relève davantage du droit.

Dans le cas du Nettoyage ethnique, on laisse fuir la population. Dans le cas du génocide, on l’empêche de partir, on ferme les portes pour les tuer."

Retourner au sommaire du séminaire.


Yad Layeled - France

Merci Georges Bensoussan, pour cette leçon magistrale ! Le séminaire Yad Layeled 2007 abordera le thème de Shoah et Justice. Il est organisé chaque année (vacances de Février) à destination des enseignants francophones. Renseignements : site en lien - ou www.gfh.org.il


[1] Toute personne ayant sauvé des Juifs au péril de sa vie et de manière désintéressée.

[2] Des rescapés des camps de retour en Pologne, sont massacrés ou noyés dans le fleuve, par les habitants de Kielce craignant d’avoir à restituer les habitations aux Juifs.



Commentaires  (fermé)

Logo de Dimitri
dimanche 28 décembre 2008 à 16h25, par  Dimitri

La valeur didactique de ce séminaire est exemplaire. Parler, mettre en lumière la spécificité de la Shoah dans le contexte européen est une nécessité. Il faut aussi rappeler sans cesse que la pensée génocidaire nazie concernait aussi les tziganes, les homosexuels et que son modus operandi était une forme d’aboutissement de la société industrielle, rationnelle et scientifique. Quand je lis certaines réactions de mes contemporains, je crains parfois qu’insister uniquement sur la spécificité "juive" de la Shoah ne cache, ou plutôt, ne soit utilisée pour atténuer la notion de crime contre l’humanité. D’autant que l’identité juive dans l’Europe d’avant guerre était tout sauf monolithique (il en est de même aujourd’hui). Il n’y a que les antisémites qui voient les juifs comme une entité à part entière, c’est même la clé de voute de leur paranoïa toujours active (Dieudonné...etc...). Hélas, le traumatisme de notre histoire européenne a généré, et génère encore le repli et le fantasme identitaire (quel qu’il soit)aux dépends de la complexité, de la subtilité. Relisons Levinas, Leon Wiertz et Walter Benjamin. Merci, à retardement, pour votre travail, votre analyse et votre sens didactique.

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