Yom Hashoah 2009 à Genève

Un message pour l’humanité
dimanche 3 mai 2009
par Nadia Darmon.H
popularité : 2%

Commémoration de la Shoah Un message pour l’humanité.

Palais des Nations

Yom Hashoah 2009 à Genève

A partir de 18h30 Place des Nations (face à l’Onu)

Cette cérémonie s’est déroulée en présence de nombreuses délégations de communautés religieuses et d’autorités politiques. De nombreuses personnalités sont intervenues dont :

Irwin Cotler,

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Irwin Cotler
Député, ancien ministre de la Justice canadienne.

Bernard-Henri Lévy, Elie Wiesel, le père Patrick Desbois... Bernard-Henri Lévy, Elie Wiesel et le Père Patrick Desbois

Un hommage a été rendu à René Cassin et Raphaël Lemkin, principaux inspirateurs et rédacteurs respectivement de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et de La Convention contre les génocides.

Place des Nations

La cérémonie fixée à la date du calendrier hébraïque par un Comité d’organisation sous l’égide des Communautés juives de Genève, comme cela se passe depuis 1959, se déroulait sur la Place des Nations, le jour même où s’ouvrait au Palais des Nations Unies, la Conférence d’examen de Durban. 2000 personnes étaient rassemblées, le lieu, la circonstance, le contexte, les intervenants ont fait de cette cérémonie, une réponse humaniste à l’injure aux Droits de l’Homme qui se jouait à l’intérieur du Palais des Nations. Une leçon d’histoire et d’humanité.

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Opposants iraniens
Place des Nations, Genève 20 avril 2009.

Lorsque nous sommes arrivés sur la Place des Nations, des manifestants, résistants iraniens en exil, brandissaient portraits du Président iranien Ahmadinejad associé à des croix gammées. Du Palais des Nations, quelques personnes sortaient, entraient, se prenaient en photo. Au café du coin, opposants iraniens et Juifs se croisaient, on y parlait hébreu, français, perse, anglais. Une femme au foulard s’est assise un moment avec nous et nous a dit tout le mal qu’elle pensait du régime des Mollahs sans équivalent pour les Droits de l’Homme, contre les femmes, contre les personnes juives comme elle dit, contre l’occident dont il se joue....Chacun est parti de son côté ensuite.

18h, nous sommes entrés dans l’enceinte de la Place des Nations, des cars arrivaient de Marseille, de Lyon de Grenoble ... des personnes de Tours, de Paris. Des jeunes sur des podiums de part et d’autre du public, lisaient dans un roulis de voix confuses les noms des déportés assassinés.

Soudain, on vit des attroupements de journalistes, photographes et de caméramans autour d’Elie Wiesel,

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Elie Wiesel
Genève 20 avril 2009

de Bernard-Henri Lévy et du Père Patrick Desbois. Bernard-Henri Lévy répondaient à des questions : « Le plus révoltant, le plus douloureux, ce fut de voir Ahmadinejad applaudi par ceux qui étaient restés à l’intérieur de l’hémicycle. C’est une mascarade..on se fout de la gueule du monde ! »

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Bernard-Henri Lévy
Genève 20 avril 2009

Les Grands Rabbins moins connus étaient l’objet de moins d’attention. Chacun prit sa place.

Des rescapés juifs et tziganes, des Justes parmi les Nations et des héros de la Résistance allumèrent ensemble la flamme de la Mémoire.

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Allumage de la flamme de la Mémoire
Des Jeunes, des rescapés de la shoah, des Justes, Juifs et Tziganes se soutenaient.

Plusieurs interventions se succédèrent, discours, chants, prières, kaddish, leçons d’histoire et de philosophie.

Dont Extraits (suivant notes prises) :

Elie Wiesel nous prit aux tripes, de suite, à la manière d’une histoire talmudique : « ...un des tueurs s’adresse à sa jeune victime, tu veux vivre et tu vivras, mais tu le regretteras car certains se moqueront de toi, tu me maudiras de t’avoir épargné car tu es en possession de la vérité : la vérité d’un fou. ...De qui faut-il se souvenir d’abord, des vieillards, des femmes, des enfants, de qui ? Comment était-ce possible ? Une entreprise de dimension cosmique, tout avait été programmé dès le départ, les lois, les décrets, les mesures, les psychologues ont dû inventer des moyens pour leurrer leurs victimes, les architectes ont construit les camps, les baraques, les intellectuels pour justifier, pour détruire le seul peuple de l’antiquité à avoir survécu l’Antiquité. Ils ont inventé une sorte de science : comment les anéantir plus vite. Comment, pourquoi en 1944, les Juifs hongrois qui auraient pu être sauvés, ne l’ont pas été ? Nous ne savions pas, nous les victimes nous ne savions pas, mais à Genève, on savait, à Londres on savait, à Stockolhm on savait, mais nous lorsque nous sommes descendus du train à Auschwitz, on ne savait pas, expliquez-moi comment est-ce possible ? J’ai posé la question à cinq Présidents des Etats-Unis : « Comment cela a-t-il été possible ? 10 jours avant le débarquement en Normandie ? Comment les officiers qui avaient des doctorats, qui avaient fréquenté les meilleures universités, jour après jour, tuaient. La culture ne les a pas aidés. On sait comment cela a été possible, on ne sait pas pourquoi ? Pourquoi c’est arrivé ? On ne sait pas. Dieu seul pourrait donner la réponse. Cette réponse là, si elle existe, je la récuse. Il faut vivre avec la question. Le monde apprendra-t-il jamais ce que c’est de massacrer un peuple ? S’il avait appris, il n’y aurait pas eu le Darfour, le Rwanda... Sur les ruines de toutes les sociétés il y avait une sorte d’espérance qui affleurait en nous, car paradoxalement en nous, nous pensions que les hommes avaient appris quelque chose ; plus jamais les Juifs seraient persécutés et d’autres minorités tourmentées. J’étais convaincu que l’antisémitisme était mort à Auschwitz. Si Auschwitz n’a pas réussi à guérir le monde de l’antisémitisme, qui le guérira jamais ? Si j’avais pensé il y a un an qu’un Président dirait autant de choses laides, vulgaires...d’ici, du Palais des Nations à Genève ! Alors, à quoi bon témoigner ? A quoi bon ? (...) La réponse est très simple. Il faut s’accrocher à cet espoir, à cette quête qui la est la nôtre d’amour, d’amitié.

J’aurais toutes les raisons du monde de dire : « Laissez-moi tranquille ! J’ai payé, j’ai droit de manger du bon pain, d’aller au cinéma, d’aimer les femmes... Non, nous devons être sensibilisés à toutes les souffrances du monde. Nous ne pouvons pas nous détourner de la souffrance du monde. (...) ça sert à quoi ? (...)

Dans les ghettos, dans les camps, la première chose que les gens faisaient à la Libération, ils se mariaient, avaient des enfants dans ce monde qui ne voulait pas d’eux. Même dans les ténèbres, on chante et on prie... Les Juifs sont morts à Auschwitz mais l’antisémitisme n’est pas mort. (...)

Lorsqu’il n’y a pas d’espoir il faut l’inventer disait Camus, je dis : « C’est parce qu’il n’y a pas d’espoir qu’il faut l’inventer ». Il n’est pas trop tard pour nos enfants et les leurs. »

Le Père Patrick Desbois Le Père Patrick Desbois « (...) On ne peut pas construire l’Europe sur des fosses inconnues. Il n’y a pas de négationnistes qui aiment les Juifs. Le négationnisme est un héritage direct du III° Reich qui avait programmé la destruction des traces, des corps en les brûlant. Primo Levi vient d’être traduit en Farsi pour être offert à Mr Ahmadinejad ... La Shoah fut le fruit noir de l’antisémitisme. Un péché ne meurt jamais. Nous ne voulons pas, nous ne pouvons pas bâtir l’Europe de demain en demandant à Abel de se taire. »

L’intervention du Père Desbois fut suivie d’un hommage rendu à René Cassin et Raphaël Lemkin, inspirateurs et principaux rédacteurs respectivement de la Déclaration Universelle des Droits de l’homme et de la Convention contre les Génocides.

Bernard-Henri Lévy précédé du Chant des Marais, Bernard-Henri Lévy « (...) Pourquoi cette commémoration est, non seulement pour les juifs mais pour le monde, un devoir sacré ? Ne faut-il pas, demandent certains, laisser les morts enterrer les morts et l’oubli, le bon oubli cicatriser les blessures du passé ? Oui, il faut, il est toujours bon de laisser les morts enterrer les morts (...) » Sauf quand ce sont des morts qui ne sont pas enterrrés., sauf quand ce sont des morts sans traces, sans vestiges, sans sépultures. Il appartient aux vivants d’être leurs sépultures. « Nous sommes les tombeaux de nos pères » (Baudelaire). Pourquoi serait-il le crime le plus grand, pourquoi aurait-il cette place d’exception ? Rien n’est plus étranger à la tradition juive que quelque échelle ou hiérarchie que ce soit. (...) Sauf qu’il s’est produit avec la Shoah quelque chose qui se trouve être - nous n’y pouvons rien - sans précédent. (...) Il y a une autre sottise qui consiste à dire : pourquoi un foyer national juif dans la seule partie du monde qui ne trempa pas dans le crime et qui est le monde arabe ? C’est le monde qui fut un piège pour les Juifs. (...) Dans ce projet sans restes, les Mémoires du Mufti de Jérusalem qui dit son admiration pour Hitler, nous avons les travaux d’historiens faisant état des SS arabes à la suite de Rommel attendant l’ordre de foncer sur le Yichouv pour y exterminer les 500 000 juifs déjà installés. Le nazisme était une idéologie internationale. (...) Je rêve, chers amis, d’une Conférence qui, au lieu de servir de tribune aux délires racistes d’un Président iranien psychopathe, au lieu de servir au blanchiment moral d’un quarteron de dictateurs dont la contribution l’histoire mondiale de la démocratie et des droits de l’homme a consisté, jusqu’ici, pendre les homosexuels, à opprimer les minorités religieuses ou à brûler vives les femmes adultères, aurait été une tribune pour tous les offensés, les sans voix, des génocides oubliés d’aujourd’hui. Je rêve d’un Durban II qui se serait ouvert sur le témoignage d’un Indien Dalit. Ou d’un survivant du Darfour. Ou d’un Rwandais rescapé des massacres d’il y a quinze ans. Ou du fils d’un de ces morts sans tombe non plus, sans nom, sans visage, sans inscription dans aucune archive ni mémoire, parfois sans nombre, qui ressemblent comme des frères aux morts sans reste de la Shoah et que fauchent, aujourd’hui même, en Afrique, en Asie ou ailleurs, des guerres qui n’intéressent personne. Ce rêve, il faudra bien qu’il finisse par devenir réalité. (...) »

Un long silence suivit la cérémonie, les gens avaient allumé des bougies pour le dernier chant en Yiddish "Zog nie keynmol" ("Ne dis jamais"), avant de quitter la Place des Nations ce 20 avril 2009, elle se transforma en un mémorial aux centaines de bougies alignées à même le sol suivant des sillons de lumière et peut-être d’espérance.

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Genève 20 avril 2009
Place des Nations. Des bougies à la Mémoire des victimes de la barbarie nazie.
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Dossier de presse
Programme du déroulement de la commémoration.

Voir programme complet en document joint


www.yomhashoah09.org/index.html

Je ne peux rendre compte du discours en anglais prononcé par Irwin Cotler, le texte est sur le lien.



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