KETTOUBA (la)

L’acte de mariage juif.
lundi 29 novembre 2004
par Nadia Darmon.H
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KETTOUBA ou Ketoubbah

(la) :

« Contrat de mariage : document juridique rédigé avant le mariage pour être remis à la mariée durant la cérémonie. Y sont exposées les obligations (d’ordre financier essentiellement) du mari envers son épouse. Ces obligations incluent celles énoncées dans la Bible (voir Exode 21,10), ainsi que de nombreuses autres, ajoutées par les sages du Talmud. Le texte standard de la Ketoubbah est rédigé conformément à des règles figurant dans le traité Ketoubbot et les ouvrages de droit canon juif tels que le Michneh Torah de Maïmonide et le Choulhan Aroukh, Even ha-èzer. Les obligations énoncées dans la Ketoubbah ont force de loi, même si elle n’ont pas été prescrites de façon explicite. Outre le texte traditionnel, la Ketoubbah peut également énumérer d’autres conditions au mariage, décidées préalablement par le couple. Dans les pays où la polygamie était autorisée, on ajoutait souvent une clause par laquelle le mari s’engageait à ne pas prendre d’autre épouse ; en Syrie, une clause supplémentaire le libérait de cette promesse au bout de dix ans, si son épouse s’avérait stérile. Par ailleurs, dans de nombreuses ketoubbot figurait autrefois une clause par laquelle le couple s’engageait à fonder son foyer en terre d’Israël. L’évolution de la Ketoubbah depuis l’Antiquité remonte à une déclaration talmudique (Ket 82b). Aux temps bibliques, le mariage était un arrangement contractuel au moyen duquel l’homme prenait femme en versant une certaine somme d’argent, le mohar (voir Gen 34,12) ou « prix de la fiancée », remis par le père du marié à celui de la mariée. Au début de la période du second Temple, les familles se trouvaient, en raison de la situation économique difficile, dans l’impossibilité de verser la dot et les hommes ne pouvaient se marier à l’âge précoce habituel ; il fut donc institué que, en lieu et place d’un paiement effectif, le marié s’engageait par écrit à effectuer ce versement à une date ultérieure. Afin de maintenir la coutume d’un paiement réel, il remettrait à la mariée un objet d’une valeur minimale, symbole du mariage (Qid 1,1)... » Ce paiement ultérieur ne satisfaisant pas les familles, le mari dut déposer un gage en nature et de valeur équivalente, ce qui n’offrait toujours pas de sécurité à l’épouse, facilement répudiable. C’est « au 1er siècle av.èc, que Siméon ben Chètah, président du Sanhédrin, instaura à titre définitif la règle selon laquelle tous les biens du mari, ceux déjà en sa possession comme ceux qu’il viendrait à acquérir, représenteraient le gage du contrat de mariage. Désormais, le versement total était dû, soit en cas de divorce, soit lors du décès du mari ; les droits de l’épouse sur les biens du mari devaient être honorés avant tout autre engagement contracté après le mariage. La Ketoubbah avait donc pour objectif « qu’il ne soit pas aisé au mari de répudier sa femme » (Yev 89a). »... Le contrat de mariage est toujours signé et confirmé par deux témoins. « A travers les siècles, la ketoubbah continua d’être rédigée en araméen, langue employée par les Juifs dans la vie quotidienne, à l’époque de la Michnah (II° siècle è.c, en Palestine). Parfois figurait une traduction (par exemple le ladino)... Les opinions divergent, dans le Talmud, quant à la question de savoir si la ketoubbah est imposée par la loi biblique ou seulement par les rabbins. »

Aujourd’hui, « ... la rédaction de la ketoubbah reste une condition absolue imposée par la loi juive, ainsi qu’un élément incontournable du mariage religieux. » Les clauses financières ou spécifiques ne sont plus appliquées, en matière de divorce, veuvage, héritage...la loi civile règle ces problèmes selon la législation du pays.

« La plus ancienne ketoubbah connue remonte au V° siècle av.è.c, elle provient de Yeb (Eléphantine), dans le sud de l’Egypte, où existait une colonie juive...sa formulation est très proche de celle en vigueur actuellement. Un autre acte de mariage de l’Antiquité, datant de l’an 120 è.c, environ, a été découvert dans une grotte au bord de la mer morte. On trouve la première référence précise à la Ketoubbah dans le livre apocryphe de Tobie, rédigé à l’époque du Second Temple... »

La ketoubbah n’étant pas réglementée dans sa forme et sa taille, elle donne lieu à l’expression artistique des scribes, dans la calligraphie et l’enluminure. « L’une des plus anciennes ketoubbot illustrées en notre possession vient de Fostat (vieux Caire en Egypte) et date des X°-XI° siècles. La kettoubah achkenaze la plus ancienne de ce type fut rédigée en 1392 à Krems, en Autriche. »

Le XX° siècle marque quelques changements notamment dans les mouvements réformés, où la Ketoubbah est rédigée en anglais ou dans la langue des époux, avec la clause engageant les époux à respecter la décision du tribunal rabbinique en cas de divorce, d’accorder le get à l’épouse. Il existe la « ketoubbah égalitaire » basée sur un engagement spirituel et sur une relation d’écoute réciproques. Depuis les années 60, des ketoubbot apparaissent peintes à la main, ou bien décorées d’enluminures imprimées plus abordables.


Source : Dictionnaire encyclopédique du Judaïsme - édition du Cerf -

Crédit photo : Neh - 2004 - Exposition à Lübeck (Août 2004) -



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