Des stèles funéraires à l’histoire des communautés

vendredi 21 janvier 2005
par Nadia Darmon.H
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Des stèles funéraires à l’histoire des communautés

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Epitaphe élogieuse

"A l’écart des affrontements, et parfois des mesquineries, du quotidien, le cimetière juif apparaît bien souvent comme un havre de paix. Les termes qui le désignent, "Beijss Aulem" ("La maison de l’éternité") et "Beijss’Hajem" ("la maison de la vie"), au-delà de leur littéralité, évoquent pour le Juif d’Alsace un lieu qui est un repère essentiel dans son espace de vie, un lieu qu’il a apprivoisé. C’est par lui qu’il s’inscrit à la fois dans une histoire singulière dans laquelle ont oeuvré ses ancêtres, en une chaîne ininterrompue, et dans ce coin de terre qu’il considère - indûment, prétendent certains - comme le sien. De ce double ancrage témoignent les deux expressions en "jédich-daitch" : "er éch tsü füre komme", ("on l’a transporté") sous-entendu dans sa dernière demeure ; "tswécha Rocha Chône un Yom Képar gäjn mar Käjfer Ofess" "entre Roch-Hachana et Yom Kippour on va sur les tombes des pères". La langue traduit avec pertinence un rapport singulier à la mort, qui est éloigné de tout pathos ; celui-ci s’exprime dans une gestuelle très maîtrisée, d’une grande retenue et dans des rites sobres et pudiques...." Freddy Raphaël (Préface de Les cimetières Juifs en Alsace, de Elisabeth Louis et Geneviève Pic, éditions les Petites Vagues.)

Lorsqu’une communauté juive était autorisée autrefois à s’installer dans une localité, elle devait s’assurer de la protection des autorités et en échange répondre à des conditions drastiques (le paiement de taxes et d’impôts spécifiques, assurer une "utilité" sociale ou économique, vivre dans un quartier séparé de la population chrétienne..), elle devait également créer sa structure de vie en conformité avec les règles de vie juive ; construire ou louer les lieux de vie : lieu de culte, mikwé, abattoirs, cimetière. A partir de 10 hommes (Minyane) une communauté pouvait se constituer. Nous constatons que souvent les localités alsaciennes ont mentionné qu’à l’origine des communautés juives ne se sont installés que quelques individus (3 à 5 familles).

Généralement, les autorités locales leur désignaient le lieu de vie (rue, quartier, ghetto) suivant certains quotas et numérus clausus ainsi que le lieu du cimetière hors de la ville (aux limites des remparts, sur un marécage, dans la profondeur d’une forêt, dans un fossé ou sous un pont). Le terrain destiné au cimetière était toujours l’objet d’un achat de la part des fidèles. La tradition juive veut que les tombes soient érigées à perpétuité, il en découle qu’elles ne pouvaient être transférées, et qu’elles ne pouvaient être détruites, par des juifs. Cependant, par l’effet de l’urbanisation, ces lieux se sont retrouvés parfois au coeur du village ou de la ville (le Marais à Paris en est un bon exemple), engloutis sous les strates du temps, ou détruits volontairement.

Un cimetière Juif ancien retrouvé, ou bien préservé devient donc un site précieux.

On peut distinguer trois catégories de cimetières juifs qui s’inscrivent dans le cadre historique :

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Plaque du cimetière ancien détruit (XVII° s)
Berlin

1) Les cimetières antérieurs à la Révolution française, tour à tour détruits lors d’évènements de nature différente, par exemple lors des croisades, de soulèvements populaires hostiles aux juifs (pogroms et pillages), suite aux expulsions du territoire, suite à l’urbanisation qui a englouti les lieux, et à la réutilisation des pierres dans la construction de maisons ou d’ édifices par la population. Nous retrouvons parfois les traces de ces cimetières à la faveur de travaux publics, comme celui de Cavaillon mis à jour lors de travaux de construction d’un parking, parmi les plus célèbres et les plus importants d’Europe nous trouvons le cimetière de Prague et celui de Worms où repose le grand Rachi, commentateur français du XI° et début du XII° siècles (né à Troyes).

Ce sont généralement des stèles debout selon la tradition aschkénaze (couchées pour la tradition sépharade), rectangles gravées d’une inscription en hébreu. A partir du XVII° siècle les pierres peuvent arborer un arrondi du chapeau dit "arc en plein cintre", quelques courbes et guirlandes les font s’apparenter au style baroque en milieu majoritairement catholique. "En milieu plutôt protestant, c’est le style néo-gothique qui l’emporte." Progressivement, les décors "s’embourgeoisent", traduisant la réussite sociale de certains, la période de la Révolution française fait souffler à nouveau un vent d’égalité avant de voir apparaître sous le deuxième Empire, des pierres tombales plus ostentatoires de la réussite sociale ou du rang militaire.

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Motif branche d’olivier
Chapeau de gendarme
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Stèles égalitaires (début XIX°s)

A partir du XIX° siècle le "Chapeau de gendarme" rend la stèle plus élégante, alors que le "Sommet en bâtière" donne l’apparence étrange d’un monument ailé.

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stèle "sommet en bâtière" (XIX° s)
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Sommet en bâtière ailée (XIX° s)

Du milieu du XIX° au début du XX° siècle, les colonnes et obélisques ouvragées marquent l’apogée du monument funéraire juif. L’art funéraire depuis la moitié du XX°siècle est revenu à une certaine sobriété plus conforme à l’esprit du Judaïsme, l’accent étant mis dans le choix du matériau, des motifs classiques où l’Etoile de David prend davantage d’importance, ainsi que la ménorah ou un motif floral.

2)Les cimetières dont nous avons la trace la plus dense datent du XVII°, XVIII° et XIX° siècles, dans certaines régions de France comme l’Alsace et la Lorraine, la Franche Comté, le Comtat Venaissin et la Provence, le Sud-Ouest, la Normandie et l’Ile de France. Les plus belles stèles se situent dans cette catégorie, ce sont les plus fragiles, les plus en proie à la détérioration du temps et du manque d’entretien, et irrémédiablement perdues lorsqu’elles sont profanées et fracassées volontairement. Suivant le principe de la perpétuité des sépultures, ces cimetières constituent un véritable patrimoine iconographique et historique. Les cimetières conservés jusqu’à nos jours sont une mine de renseignements concernant les origines des communautés, leur développement local, leur implication dans la vie et dans l’histoire du pays. Souvent un seul cimetière était utilisé par plusieurs communautés environnantes, ou bien les fidèles se faisaient inhumés dans leur village d’origine.

3) Les cimetières du XX° siècle : Les communautés juives reconstituées des survivants de la Shoah ont poursuivi leurs inhumations dans les cimetières juifs d’origine existants. Toutefois beaucoup parmi les communes ayant eu une population juive décimée par la guerre, ont vu leurs cimetières juifs restés fermés et se dégrader. Les migrations dues à la guerre ajoutées à l’afflux des Juifs d’Afrique du Nord vers de grandes métropoles (Marseille, Lyon, Toulouse..)ont fait apparaître des "carrés juifs" dans les cimetières municipaux.

Les stèles racontent leur histoire, les tailleurs de pierre ont su donner à la pierre une âme "qui s’attache à notre âme et la force d’aimer".

On peut distinguer trois types de symbolismes :

1) Religieux : les symboles d’une fête juive ou d’une fonction tenue dans la communauté ; ainsi trouve t-on : -

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Palmier (XIX° s)
symbole de Soukkot

- l’évocation de Soukkot par le Palmier dattier dédignant le Loulav (lui même symbole des quatre archétypes de l’homme), de Roch-a-chana par une grenade, la sagesse par une branche d’olivier dont est tirée l’huile consacrée à l’allumage des lumières de Chabbat... ou une grappe de raisin évoquant le passage des "Explorateurs découvrant la terre de Canaan" ou la sanctification par la vigne.

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Décor d’une grappe de raisin (XIX° s)
Evocation des "explorateurs"

Le décor de la couronne désigne souvent la royauté de la Torah, ou la royauté de David d’où sera issu le messie.

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Femme voilée (XIX° s)
représente une femme vertueuse allumant les lumières de Chabbat.

- l’évocation du Chabbat désignant que la défunte est une femme vertueuse, par des bougeoirs ou "une étoile à six ou huit branches qui sont en fait des récipients d’huile alimentant une mèche. Sous l’étoile est accroché un godet pour recueillir les gouttes d’huile." Plus rarement c’est une tête de femme dont le pan du foulard descend jusqu’aux yeux évoquant la maîtresse de maison lors de l’allumage des lumières à l’entrée du Chabbat.

- l’évocation de l’appartenance à la Hevra Kaddisha (confrérie du dernier devoir) par deux mains sculptées qui se rejoignent ; le fidèle prêtait ses services bénévolement et discrètement à la toilette des morts et aux derniers devoirs qui leur sont dus. Devoir considéré comme le devoir ultime, la mitsvah de toutes les mitsvots. Ce même symbole se retrouve parfois sur les actes de mariage (Kettoubah) ou dans des "amulettes" confectionnées pour la naissance d’un enfant ou la guérison de quelqu’un. Il semble être le signe de la concorde ou de l’invocation de l’intervention de la main de Dieu.

- le Symbolisme qui s’attache aux noms des Cohen et des Lévy : Sur les tombes des Cohen sont portées des mains aux doigts écartés entre le pouce et l’index, et entre le majeur et l’anulaire. "Une représentation qui apparaît au XVII° siècle et qui consiste à bénir la communauté." Car l’art juif représente l’intervention divine par une main descendant du ciel, de même l’Alliance conclue entre l’homme et Dieu est souvent représentée par des mains levées en signe de bénédiction. C’est un symbole qu’on retrouve dans toute l’histoire juive et son origine semble être préjudaïque (Stèle Cananéenne du XIII° siècle av. èc à Hazor en Galilée). La tombe d’un Cohen se situe dans le cimetière aux abords du mur d’enceinte ou à proximité des entrées afin de permettre à la famille de visiter le défunt sans entrer dans le cimetière (Un Cohen n’ayant pas le droit d’entrer en contact avec la mort considérée comme impure.). Un Cohen étant un descendant des COHANIM issus de la tribu de Lévi, porte la fonction de Prêtrise dans les temps anciens, à l’époque du Temple de Jérusalem.

Sur les tombes des Lévy sont gravées une ayguière,

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Ayguière des Lévi (XIX° s)

une cruche ou une aquamanile, rappelant la fonction du Lévite de servir et de laver le prêtre appartenant aux Cohanim (Cohen). Le Lévite est descendant de Lévi, troisième fils de Jacob et Léah. "N’ayant pas participé à la faute du veau d’or et ayant assisté Moïse dans le châtiment des pêcheurs (exode 32, 26-29), la tribu issue de Lévi fut investie d’une fonction initialement dévolue aux premiers nés (les Cohanim, d’où le nom de Cohen, eux-mêmes issus de la tribu de Lévi).

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Décor d’une cruche
le défunt est un Lévy.

Les fonctions des Lévites consistaient au transport des ustensiles du sanctuaire démontable, à l’enseignement de la Loi (deutéronome 33, 10), à la participation au culte sacrificiel, à la musique et au chant, à l’administration eet à la garde du Temple.." (Encyclopédie du Judaïsme, éd du Cerf).

2)Le symbolisme de l’appartenance sociale :
- Le symbole du métier pratiqué (par exemple cordelier)

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La tombe d’un cordelier
Arc plein cintre (gauche) Arc plein cintre avec décrochement (droite)

- Le circonciseur (mohel) est représenté "par un couteau et un flacon de poudre astringente".

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Rabbin Nathan Weil
Le motif de la Torah désigne que repose un rabbin ou ministre officiant.

- Le rabbin ou l’homme pieux peut être représenté par la Corne de bélier (Shofar) utilisé lors des fêtes de Roch Hachana (nouvel an juif) et de Kippour (Jour du Grand Pardon). La corne de bélier a ceci de particulier qu’elle évoque la ligature d’Isaac dans la lecture de la Torah. Le son du Shofâr vient ébranler le coeur du fidèle, l’ouvrir et le rendre sensible à sa prière.
- Le Sofer ou Scribe est représenté par "une plume d’oie et un rouleau de la Torah."

- le symbole transcrivant le nom du défunt comme la vigne pour un nom commençant par Wein,
- Une colonne ou un tronc coupé pour indiquer la mort prématurée d’un enfant, ou d’un jeune soldat mort à la guerre.

3) L’iconographie dont on peut lire l’histoire de la communauté ; par le passage progressif ou brutal des inscriptions entièrement en hébreu aux épitaphes moitié en hébreu et moitié en français, puis entièrement en français. Le passage d’un nom ou d’un prénom à consonnance étrangère (allemand ou alsacien) à la transcription française ( loi ordonnée par Napoléon du 20 juillet 1808 sur l’enregistrement à l’Etat Civil des noms et prénoms avec la possibilité de les franciser.) Par exemple les Bigart ou Bicquert devinrent des Picard, les Heymann devinrent des Henry, les Brendel devinrent des Brigittes...beaucoup de Rose et de Thérèse apparaissent. "..cette évolution marque le passage de l’intégration à l’assimilation." selon Freddy Raphaël.

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Rabbin Léopold Lehmann (XIX° s)
Epitaphe en hébreu
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Epitaphe en hébreu et en français

L’origine géographique des individus est parfois portée dans l’épitaphe, ou encore inscrite dans leur nom patronymique (Francfort, Dreyfus (probablement de Trèves), Worms ou Wormser, Brunswick..).

Ces cimetières méritent qu’ils soient préservés, entretenus, étudiés. Combien ont-ils disparu ? Ils témoignent de l’existence de communautés très anciennes sur le sol français et européen, je crois qu’ils peuvent prétendre à une place dans le Patrimoine National.

Ces cimetières auxquels certains énergumènes voudraient porter atteinte - trop souvent profanés, tagués, souillés, fracassés - inspirent au visiteur bien intentionné cette poésie tranquille de la modestie et du respect. Comme s’ils ne voulaient gêner personne et prendre le moins de place possible, les tombes serrées les unes contre les autres se veulent rassurantes. Elles nous disent qu’ils étaient ici et là, bien vivants, fiers et humbles, solides dans leur foi, fragiles sous leur toit.

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Stèles "troncs coupés"

Bibliographie : "Les Cimetières Juifs en ALSACE" de Elisabeth Louis et Geneviève Pic, Préface de Freddy Raphaël, aux Editions Les Petites Vagues.

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Commentaires  (fermé)

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lundi 17 novembre 2008 à 14h21, par  Nadia Darmon.H

Le poisson peut en effet indiquer le métier, mais aussi le patronyme (Fisch(er) en allemand, Dag en hébreu...), c’est la lecture la plus probable.

D’autres niveaux de lecture sont surement possibles, le poisson dans certaines traditions séfarades (en Tunisie particulièrement) a valeur de talisman protecteur.
Il doit être présent sur les tables à l’occasion de certaines fêtes comme Chabbat et Roch Hachanah.

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mercredi 12 novembre 2008 à 15h15, par  Beth

Bonjour,
merci pour cet article intéressant. Dans mon ignorance, je fais appel à vous : j’ai vu, en Europe centrale, à Prague, une pierre tombale levée avec un poisson gravé dessus. En vous lisant, j’ai conclu qu’il s’agissait d’une indication du métier de la personne, mais n’est-ce pas une conclusion trop hâtive ?
Merci encore, amicalement
Beth

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samedi 10 novembre 2007 à 16h03, par  Nadia Darmon.H

Les deux lettres en tête des stèles signifient "Ici repose".
Les deux mains désignent donc qu’un Cohen repose ici ; le porteur du nom de Cohen est considéré comme le descendant des Cohanim, les prêtres du Temple de Jérusalem. A ce titre, ils sont investis de prérogatives religieuses qui ont perduré de manière symbolique, lors de la tenue des offices religieux notamment. Ils ne peuvent pas non plus être en relation directe avec un cadavre ou un lieu ou un cadavre repose. Ils ne peuvent pas entrer dans un cimetière. Les règles régissant le mariage leur impose également des obligations.

Par ailleurs, la représentation des deux mains peut au titre de la fonction exercée, signifier que repose un Rabbin voire un grand Rabbin prestigieux.

Merci de votre intérêt.

samedi 10 novembre 2007 à 09h25

bonjour, j’habite à coté d’un cimetière juif
je ne suis pas juif.
Grâce à vous je comprend enfin
pourquoi une vieille tombe avec 2 mains gravées est à
l’écart des autres.
j’ai compris que c’étaient des cohen, mais est-ce à dire
qu’il s’agit d’un rabbin qui est enterré là ?
pouvez vous me préciser ce que signifient
les 2 lettres qu’on retrouve sure toutes les tombes
soit
כּכ
ou par ailleurs טכ ou כט
j’ai trouvé ce qui me semblait de + ressemblant
sur un clavier hébreu. MErci !
mon mail : rebgarten@orange.fr

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